Découvert non autorisé : que risquez-vous ?

Une dépense oubliée, un prélèvement automatique, une facture mal programmée… et voilà que votre compte bascule dans le rouge sans même que vous en ayez donné l’accord. 

Un découvert non autorisé déclenche des frais élevés, parfois proches de 20 % de taux d’intérêt. La banque peut aussi rejeter des paiements, vous ficher auprès de la Banque de France ou même fermer votre compte. Si le dépassement dure plus de 3 mois, la banque doit vous proposer un crédit à la consommation. Le plus efficace ? Réagissez vite, contactez votre conseiller et demandez une régularisation ou un étalement.

Ce que la banque vous facture quand vous dépassez les limites

Quand votre compte passe dans le négatif sans accord préalable, la banque ne laisse pas passer ça gratuitement.

Elle applique des agios, c’est-à-dire des intérêts journaliers sur la somme que vous avez « empruntée » sans autorisation. Le taux peut grimper très haut, parfois jusqu’à 20 %. Ces frais s’ajoutent aux commissions d’intervention, facturées à chaque opération passée en dépassement, souvent jusqu’à 8 € par transaction, avec un plafond mensuel de 80 € pour un client standard. Les conditions peuvent toutefois varier d’un établissement à l’autre.

Les banques traditionnelles appliquent souvent des barèmes élevés, avec des taux d’agios fixes et des commissions parfois systématiques.

À l’inverse, plusieurs banques en ligne se montrent plus flexibles : certaines ne facturent pas de commissions d’intervention, d’autres proposent un taux d’agios réduit, voire un petit découvert autorisé sans frais pour les comptes les plus actifs. Cette différence de politique tarifaire s’explique par des coûts de fonctionnement allégés et une volonté d’attirer des profils connectés et autonomes.

Enfin, pour les clients considérés comme financièrement fragiles, la réglementation impose des plafonds spécifiques : 4 € par opération et 20 € maximum par mois dans le cadre d’offres adaptées. En dehors de ces formules, le plafond général reste limité à 25 € par mois.

Ces montants peuvent sembler modestes, mais s’accumulent vite si la situation n’est pas régularisée rapidement. Les disparités entre banques et banques en ligne peuvent donc peser lourd sur la facture finale.

Pour comparer précisément les frais appliqués et découvrir quelles enseignes se montrent les plus avantageuses en cas de découvert, vous pouvez en savoir plus sur le site Detective Banque.

Tableau des plafonds de frais pour un découvert non autorisé

Type de client Par opération Par mois Conditions
Client standard 8 € 80 € Aucun dispositif spécial
Client fragile avec offre dédiée 4 € 20 € Offre « clientèle fragile » souscrite
Client fragile sans offre 25 € Repéré comme fragile, sans offre spécifique

Ce qui se passe quand la banque rejette un paiement

Si votre solde est négatif et qu’un prélèvement, un chèque ou une autre opération se présente, la banque peut décider de le rejeter.

Et là encore, des frais s’ajoutent. Comptez jusqu’à 20 € pour un prélèvement, 30 € pour un chèque de moins de 50 €, et jusqu’à 50 € pour un chèque plus élevé.

Ces frais sont limités à une seule facturation par opération, même si elle est représentée plusieurs fois.

Ces rejets peuvent également déclencher d’autres pénalités, cette fois du côté du destinataire : opérateur téléphonique, fournisseur d’énergie, propriétaire…

Que risquez-vous si vous laissez traîner ?

Un découvert non autorisé qui s’éternise n’est pas juste une affaire de frais.

Passé trois mois, la banque n’a plus le droit de continuer à vous facturer sans vous proposer une alternative : un crédit à la consommation.

Cette offre est encadrée par la loi, avec un délai de réflexion de 14 jours.

Mais si vous ne réglez rien, les sanctions s’alourdissent. Une interdiction bancaire peut tomber. Cela signifie que vous serez inscrit au Fichier Central des Chèques pour cinq ans, ce qui bloque l’usage des chèques.

Si vous êtes en défaut de paiement pour un montant supérieur à 500 €, la banque peut vous ficher au Fichier des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers pour la même durée.

Dans certains cas, elle peut même décider de baisser votre autorisation de découvert ou la supprimer purement et simplement. Et si la situation devient ingérable, elle peut fermer votre compte avec un préavis de deux mois. 

Le cadre légal protège… mais pas toujours dans votre sens

Le découvert non autorisé n’est pas un droit.

Aucune banque n’est obligée d’accepter que vous dépensiez plus que ce que vous avez. Elle peut refuser des opérations, modifier ou supprimer une autorisation à tout moment, sans se justifier.

Le taux d’intérêt pratiqué (appelé TAEG) doit rester en dessous du taux d’usure, publié chaque trimestre.

Vous devez être informé mensuellement de ce taux, ainsi que des plafonds d’agios et frais. En fin d’année, un récapitulatif global est obligatoire.

Si vous êtes dans une situation difficile, comme un enchaînement de rejets ou un surendettement, des offres spécifiques existent. Ces dispositifs plafonnent vos frais annuels à 200 € maximum.

Et si vous estimez que la banque a dépassé les limites, vous pouvez saisir gratuitement un médiateur ou même aller en justice. 

Comment réagir vite et éviter que ça s’aggrave

Plus vous attendez, plus les frais s’accumulent. Commencez par vérifier votre solde exact, et identifiez l’opération qui a déclenché le problème. Ensuite, contactez votre conseiller bancaire au plus vite. Une explication claire peut suffire à faire annuler les frais, surtout si c’est une première.

Pour régulariser, plusieurs options existent : virement d’un autre compte, dépôt d’espèces, ou attendre un versement prévu. Mais ne tardez pas : chaque jour de découvert coûte de l’argent.

Pour prévenir les récidives, activez les alertes SMS ou mails qui vous préviennent quand le solde approche zéro. Consultez régulièrement votre appli bancaire.

Et surtout, mettez à plat vos dépenses mensuelles avec un tableau très simple : recettes d’un côté, charges fixes de l’autre. Vous verrez vite où ça coince.

Si votre budget reste fragile, demandez une autorisation de découvert, même réduite. Elle agit comme un filet de sécurité. Sinon, passez à une carte à débit immédiat, pour éviter de dépenser ce que vous n’avez pas.

Enfin, si vos problèmes sont durables, explorez des solutions comme le rachat de crédit ou la mise en place d’un plan d’apurement. Prenez rendez-vous avec un conseiller ou tournez-vous vers des structures spécialisées. Il existe toujours une porte de sortie.

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